Oman – Partie 2 – Sur les routes de montagne du Hajar Occidental

3 – Wadi Bani Awf ou la route de l’enfer !

A seulement une heure et demi de la capitale nous faisons un arrêt au fort de Nakhal. En dehors des sentiers battus, ce fort peu visité est à nous tout entier ce matin, de quoi s’imaginer à l’époque des chatelains assiégés par des ennemis!

En sortant de Nakhal, nous quittons la route asphaltée pour pénétrer dans le premier “Wadi”, encore appelé oued en français. Ces ravins creusés par la force de l’eau sont l’attraction principale du pays. On peut rouler, escalader, nager dans ceux-ci dans des décors de canyons époustouflants. Jusqu’au “Snake Canyon”, la route est praticable par nos propres moyens, le 4*4 s’adapte bien par contre pas de pancarte, il faut bien s’assurer d’avoir les coordonnées gps de l’endroit où l’on souhaite aller et surtout des explications bien détaillées (au gros caillou à gauche puis au 3ème tournant à droite) pour pouvoir s’y rendre. N’étant pas accompagnés d’un guide, nous avons opté pour le “little Snake Canyon” qui comme son nom l’indique est moins dangereux que son grand frère l’effroyable “Snake Canyon” qui se pratique plutôt bien encadré. Il y a quand même de quoi bien s’amuser ici, escalade, randonnée, rivière aux serpents…

Après cette étape intéressante, nous nous enfonçons dans le Wadi Bani Awf et là la route commence à devenir… compliquée! Nous sommes à flanc de falaise, les virages n’en finissent plus, la pente est raide, les cailloux sont parfois assez gros sur la route et le 4*4 dérape tous les 100 mètres. Nous avons quelques sueurs froides, mais impossible de faire demi-tour, d’abord il n’y a pas la place et ensuite le jour avance et nous n’aurions pas le temps de sortir de ce pétrin avant la nuit en rebroussant chemin, il va falloir en venir à bout…

 

Une petite pause entre deux crissements de pneus: Bald Sayt. C’est le crapahutage pour atteindre ce petit village perdu au milieu des montagnes qui est le plus intéressant. On escalade un chemin non balisé, on prend à droite à la fourche sur les conseils de voyageurs et l’on découvre le village et ses cultures bien cachés dans la montagne.

Allez c’est reparti pour deux heures de route dans l’enfer de Wadi Bani Awf. Le soleil se couche sur nos pas, la nuit est tombée lorsque nous atteignons notre halte: le village de Misfat Al Abryeen perché à 1 000 mètres d’altitude.

4 – Villages traditionnels de Misfat Al Abriyeen et d’As Sifah

Nous y sommes à accueillis par Abderrahman qui nous offre comme tout bon Omanais qui se respecte un café de bienvenu avec des dattes.

La tradition du café est bien particulière à Oman. Les habitants proposent des cafés à tous les visiteurs, étrangers ou amis et ce à n’importe quelle heure de la journée. Il est impoli de refuser avant la 3ème tasse que l’on prend avec la main droite. On indique à son hôte que l’on ne souhaite pas en reprendre en secouant légèrement la tasse…

Après une douce nuit bercée par les chants nocturnes et matinaux des mosquées environnantes, nous partons pour une randonnée dans le village de Misfat.

Ce village qui est resté dans son jus depuis deux cents ans est connu pour ces maisons traditionnelles en argiles et pour son réseau très bien conservé de falajs. Le falaj est un système d’irrigation authentique et rudimentaire. Classé à l’UNESCO, le falaj prend sa source dans les nappes phréatiques et distribue l’eau dans un ordre bien précis: tout d’abord pour la consommation des habitants, ensuite pour les ablutions des humains, puis la consommation des animaux et enfin irrigue les cultures.

A As Sifah, il est difficile de se repérer. Nous nous arrêtons donc demander notre chemin à une épicerie. C’est alors que l’épicier propose de nous y emmener. C’est à dire qu’il quitte son échoppe, monte dans son SUV et nous le suivons pendant 5 minutes de voiture jusque l’entrée du site recherché en contrebas! Quel accueil ces Omanais!

Une maison d’artisanat y est ouverte aux visiteurs. Les femmes y pratiquent à la vue de tous des tâches ancestrales et nous font goûter le résultat de leur labeur. La visite est intéressante mais le lieu est bondé.

Aux abords de la maison, le village a des allures post-apocalyptiques…

5 – Djebel Shams ou la montagne ensoleillée

Les parois sont très proches et parfois le SUV passe à peine, au bout d’une bonne heure de paysages grandioses nous rebroussons chemin avant de croiser un autre véhicule!

 

 

Après ces quelques heures au contact de la population nous repartons dans les grands espaces à la découverte du Wadi Ghul ou autrement dit le Wadi du démon. Après le canyon du serpent des jours précédents nous sommes parés à toute éventualité!

Premier arrêt le grand canyon d’Oman: on peut rouler à l’intérieur même si c’est un peu sportif au moins nous ne roulons pas au bord de la falaise cette fois-ci mais à l’intérieur du démon!

Nous prenons ensuite la route qui nous amènera au dessus de ce canyon pour une randonnée à flanc de montagne dans un univers magique.

Sur le parking au retour de la randonnée, certains ont du avoir une surprise … de mauvais goût !

Un seul arbre aux alentours, il ne fallait peut-être pas se garer en dessous, en tout cas il y en a certaines que cela a bien dépanné.

A Oman on retrouve des chèvres un peu partout dans toutes les situations. Ici dans le Hajar elles sont particulièrement libres et ravies du paysage rocailleux qui s’offre à elles.

6 – Le souq de Nizwa

Chaque vendredi matin, c’est le marché aux bestiaux à Nizwa!

Et c’est un lieu de vie et de marchandage à ne louper sous aucun prétexte pour tout visiteur d’Oman.

Il faut s’y rendre tôt par contre vers 10h30 c’est terminé tout ce petit monde rentre chez soi avec ses achats en poche…enfin à l’arrière de son pick-up!

Dans le reste du souq on vend aussi quelques breloques que l’on ne trouverait pas sur la place du village par chez nous…

Nous visiterons le fort à Nizwa, plus visité que notre fort de Nakhal du début par contre ici les locaux se laissent parfois photographier ce qui n’est pas pour nous déplaire.

7 – Djebel Akdar ou la montagne verte

En cette fin de journée nous partons sur le plateau de Saiq, réputé pour ces reliefs verdoyants. En cette fin de saison sèche, la verdure n’est plus vraiment au rendez-vous par contre la randonnée des villages abandonnés sur le bord des falaj reste très sympa.

Ce point de vue c’est Diana’s point en hommage au passage de la princesse Diana, assez jolie vue!

 

Un dernier village abandonné pour la route avant que le soleil ne s’éteigne pour aujourd’hui.

Dernière soirée dans le Hajar, demain nous reprenons la route en direction du désert.

Oman – Partie 3 – Au pays d’Aladdin