Namibie – Partie 3 – Safari

8 – Etosha

IMG_2333La carte montrait un lac énorme, on imaginait donc le parc d’Etosha verdoyant, luxuriant comme une oasis remplie d’animaux… eh bien pas du tout. C’est une plaine aride. En cette époque de l’année, les animaux sont plus faciles à voir pour le simple voyageur et son 4*4; ils se concentrent aux points d’eau.

Les 5 heures de piste dans le parc se concrétisent lorsque l’on voit notre premier rhino. Les rhinocéros blancs et noirs (appelés ainsi bien qu’ils soient tous les deux gris) sont en voie d’extinction, les derniers représentants sont présents principalement en Namibie et en Afrique du Sud. Pour pallier au braconnage qui sévit très fortement sur cette espèce pour sa corne, nous avons appris au cours de notre voyage qu’en Afrique du Sud, des fermiers élèvent des rhinocéros pour en découper uniquement la corne qui repousse. Cela permettrait d’inonder le marché pour faire baisser le prix et rendre le braconnage moins attrayant.

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A l’heure du coucher du soleil, toutes les voitures doivent être rentrées au camping pour une question de sécurité. L’apéro auprès du point d’eau est alors un moment sacré.

Deuxième jour de Safari on croise girafes, zèbres, éléphants, antilopes, mangoustes: tout un petit monde fait sa vie autour de nous.

Le soir, c’est steak d’oryx bien tendre au menu du barbecue avant une troisième journée de Safari. Dans le parc on trouve principalement de la viande dans les petites épiceries, du “game steak” comme ils disent (de la viande chassée type zèbre, oryx, antilope) ou bien du “biltong” (de la viande séchée très bonne et pratique en camping). Pas de légumes ou de fruits à profusion en Namibie, de toute façon vu que le pays manque d’eau tout est importé d’Afrique du Sud.

IMG_2341Ce matin c’est repartit pour une journée entière sur les pistes d’Etosha à traquer les animaux. On est un peu bredouille au départ, alors on se rabat sur l’observation des petits oiseaux qui sont magnifiques quant on prend le temps de s’y attarder. Au détour d’un chemin pourtant, un rhino est là.

 

Deux routes plus loin ce sont trois frères guépards qui nous attendent à l’ombre de leur arbre. Ils se lèvent doucement en ce milieu de journée où le soleil tape fort. On les admire traverser le chemin juste devant nous jusqu’à ce que leur regard se fige sur un phacochère. Celui-ci comprend vite ce qui se passe et part en courant, tout comme les oryx alentours qui sentent que l’atmosphère devient désagréable par ici. Il ne reste plus qu’une naïve petite antilope dans les parages et les trois guépards se mettent en chasse. Ils se cachent dans les buissons et avancent à couvert vers leur proie qui ne se doute de rien. Ils la chargent tous les trois au même moment alors, elle se rend compte de ce qui est en train de lui arriver et au dernier instant se lance dans une course folle pour sa vie. Elle sent les poils du félin juste derrière ses pattes et cours de plus belle. Elle arrivera à semer ces animaux pourtant les plus rapides du monde, mais sur de courtes distances.

On rentrera épatés au lodge le soir pour une belle nuit étoilée. Avant de reprendre le chemin ce matin, nous profitons des dernières heures dans le parc. A peine sortis du camp, nous nous retrouvons nez à nez avec une meute de lions! Nous les avions cherché partout depuis 3 jours et ils sont là, tranquilles à la sortie du parc.

Dernier aperçu de la vie d’Etosha avant de le quitter.

9 – Chez les San

A la sortie du camp nous faisons quelques centaines de kilomètres afin de rencontrer des descendants des Bushmen, autrement appelé les San, des chasseurs-cueilleurs dont le territoire s’étendait sur bon nombre de pays au Sud de l’Afrique. Nous sommes avec un guide qui vit dans le village voisin et la gène est moindre qu’avec les himbas car l’ambiance est plus détendue et nous sommes les seuls occidentaux sur les lieux. Ils veulent des photos de famille, comme ça je pourrais les leur envoyer par la suite.

IMG_2544On aurait voulu dormir au camp du village mais celui-ci est totalement déserté par les propriétaires et les touristes, de plus il est situé à des kilomètres de toute habitation. On jouera donc la sécurité et on se dirigera vers la région de Tsumeb dans un magnifique lodge où pour la première fois nous testerons les bungalows.

 

Cave à vin souterraine, réserve d’autruches et d’élans, piscine, décoration marocaine, le lieu est vraiment aménagé avec goût et la cuisine est épatante. Les lodges, c’est un immanquable d’un voyage en Namibie. Dans ces demeures, on voit encore très clairement la séparation entre les blancs et les noirs. Les directeurs sont blancs, les administrateurs sont métisses et les exécutants sont noirs. L’apartheid n’existe plus officiellement mais les conséquences sont toujours là.

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En Namibie lorsque l’on fait le plein, le service va jusqu’à nettoyer les vitres. Dans certaines stations, ils hèlent les clients depuis la route et sont 5 ou 6 autour à s’en occuper.

Le lodge est situé sur le terrain d’anciennes mines, notamment de cuivre que nous nous ferons un plaisir de visiter le lendemain.

10- Météorite, Guépards et Dinosaures

Notre carte indique une météorite à une centaine de kilomètres de là. C’est une petite distance pour ici alors allons voir de quoi il retourne.

C’est bien la plus grosse météorite, encore visible, tombée sur terre. Bon c’est un gros cailloux métallique, il faut être sensible à ce genre de chose pour l’apprécier à sa juste valeur. La route est belle donc le détour est justifié.

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On marche un peu pour aller voir deux lacs de la région de Tsumeb. Dans le premier, les allemands ont dissimulés leur armement lors de la débâcle de Namibie. Ils ont préféré enfouir l’équipement plutôt que de voir les rebelles s’emparer de leur attirail. Il y a toujours aujourd’hui des canons et des munitions à l’intérieur. Le second c’est une réserve d’eau de la région qui descend à vue d’œil.

Notre prochaine étape se situe dans une réserve pour guépards en danger: le Cheetah Conservation Fund. Cette association a été fondée par une scientifique américaine qui souhaitait recueillir les guépards en détresse afin de les remettre en forme et dans le même temps les étudier. Les fermiers sont très hostiles à cet animal car il s’attaque au cheptel. Auparavant, les fermiers tuaient la bête, puis pris de remords lorsqu’ils découvraient les bébés esseulés, appelaient l’association pour qu’elle vienne les récupérer. Aujourd’hui, grâce à l’action du CCF, ils ont été sensibilisés sur le comportement à avoir face à ces félins et surtout, l’ONG leur a donné des chiens. Ces derniers sont énormes, d’origine turque, dressés depuis des millénaires pour défendre le troupeau en cas d’attaque de prédateur.

Nous avons appelés afin de pouvoir passer la demi-journée avec les volontaires de l’association à prendre soin des guépards. L’information n’est apparemment pas arrivée jusqu’aux volontaires qui étaient là ce jour là et pendant une bonne heure nous ne savions pas si la journée allait se passer comme espéré. Finalement, ils ont décidés de nous prendre avec eux et nous avons passé un moment merveilleux avec Kate, passionnée par son activité.

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On entre dans l’enclos et depuis notre pick-up lancé à vive allure, on jette des morceaux de viande d’âne dégoulinants pour nourrir les guépards qui nous courent après! C’est génial!

 

 

Les félins préfèrent les abas, les morceaux de foie et de coeur particulièrement car cela leur apporte directement le fer dont ils ont besoin. Ils souffrent d’insuffisance rhénale en vieillissant, ce pourquoi on va les soigner aujourd’hui.

Lorsque l’on s’approche, ils salivent à la vue de la viande, ronronnent ou miaulent comme un petit chat c’est très mignon!

Il est temps de quitter nos amis d’un jour qui resteront dans nos cœurs pour toujours!

Prochaine étape les dinosaures, enfin… , un site où des traces de dinosaures ont été retrouvées fossilisées. Ici on voit que l’on est en Afrique, pas en Europe; il n’y a pas de barrière autour des traces, pas de protection, pas de guide, pas de surveillant. On paye deux dollars à l’entrée du site 2 kilomètres plus loin et nous voilà au dessus des fameuses traces de reptiles datant de millions d’années que l’on pourrait découper à la disqueuse pour les ramener chez nous s’il nous en prenait l’envie!

11 – Les Rhinos du Mont Etjo

Sur le chemin de retour à Windhoek on tente un dernier safari, dans une réserve privée cette fois. Les réserves animalières en Namibie fonctionnent sur un business modèle particulier. En effet, ce n’est pas le simple touriste qui dépense quelques centaines de dollars dans sa semaine qui permet à ces réserves, et à l’économie autour des animaux, de tourner, mais bien la chasse. Tous les animaux peuvent être chassés, tués et envoyés au taxidermiste en Namibie. Ces chasseurs de trophées achètent alors un permis de tuer dont le prix grimpe en fonction de la rareté de l’animal, même des rhinocéros peuvent être chassés … pour un prix astronomique. Le gouvernement justifie sa décision en invoquant le parc animalier actuel du pays, autrement dit le nombre d’animaux protégés grâce à l’argent qui est fait sur le dos de ceux qui sont tués.

Le lodge est encore une fois magnifique mais pour nous, ce sera camping. Nous y serons d’ailleurs seuls ce soir bien qu’il soit situé à 3 kilomètres du lodge et donc de toute habitation.

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Nuit noire loin de la civilisation

Une fois la tente montée sur le toit du véhicule et le feu allumé (en bon campeurs), l’électricité lâche. Bien entendu, il n’y a pas de réseau dans cet endroit reculé au milieu des animaux, ce sera donc soirée à la lumière du feu, sans douche, dans le froid mais heureux de s’être perdus ainsi.

Après cette nuit glaciale nous voilà repartit pour un dernier “game drive” dans le domaine du lodge. Les aigles et les vautours sont au rendez-vous tout comme les rhinocéros qui sont venus nous dire aurevoir.

Le paysage de la réserve est magnifique. Dans la savane, les herbivores viennent lécher les roches de sel alors que pour leurs apports en sel, les carnivores … mangent les herbivores.

12 – De Retour à Windhoek

Notre circuit sur les pistes du pays est bouclé, nous voici de retour dans la capitale. Nous allons faire un tour en vélo dans le ghetto de la ville “Katutura” qui signifie en langue locale “endroit où l’on ne veut pas rester” (pour situer). La visite guidée est très intéressante, l’histoire de ce lieu nous est racontée par la passionnée Anna qui nous emmène à travers les rues de son quartier et notamment au marché.

Dernières rencontres avant de reprendre notre avion vers la prochaine destination.