Cambodge – Partie 2 – La jolie côte ouest oubliée

4 – Tatai, au coeur de la mangrove

Sur la route qui nous emmène depuis Pnom Penh jusque la bourgade de Tatai nous échouons dans un bus maudit qui met plus de 3 heures à s’échapper du trafic de la capitale. En surchauffe, son radiateur rend l’âme et le chauffeur s’arrêtera toutes les demi-heures pour remettre de l’eau dans son moteur. De plus les gens descendent et montent du bus sans arrêt et les pauses pour grignoter sont interminables. Alors que nous sommes au milieu de la forêt, le moteur se coupe encore une fois, sauf que là nous sommes en haut d’une colline et l’engin commence à faire marche arrière sur la pente raide: les passagers paniquent et tout le monde tente désespérément de sortir du véhicule… ambiance. On finira par arriver avec plus de 4 heures de retard sains et saufs à notre destination comme quoi il n’ y avait pas à s’ inquiéter, sic.

Nous arrivons dans notre hébergement au milieu de la rivière, enchantés par le lieu.

DSCF1094
Ici non plus, il n’ y a pas d’ eau courante, nous retrouvons le bonheur de la douche au seau d’eau.

 

Tranquille et rustique, nous dormons dans des bungalows complètement ouverts où les chauve-souris et autres bestioles vont et viennent à loisir au cours de la nuit.

 

 

 

Ce matin nous partons en jonque traditionnelle sur la rivière à la découverte de la mangrove.

Nous nous arrêtons dans un village de pêcheurs au milieu de la rivière.

Ici le temps s’est arrêté, les villageois nous regardent passer d’un œil curieux, ils tentent d’entamer la conversation, la jeune allemande qui est avec nous connait quelques mots de Khmer ce qui facilite l’échange.

On visite le temple qui d’extérieur ne paye pas de mine mais est époustouflant de couleurs à l’intérieur.

Sur le chemin du retour, nous croisons des plateformes qui puisent le sable dans le lit de la rivière, il sera vendu à Singapour pour le secteur immobilier… Un orage approche, le ciel se couvre, le vent souffle très fort, l’air se rafraichit.

Nous nous retrouvons en un instant sous une pluie battante, la petite embarcation se remplit d’eau rapidement et nous sommes trempés jusqu’aux os. Le capitaine se marre et continue de siffler ses bières!

Après une heure de déluge nous arrivons à bon port pour une soirée à contempler la foudre tomber sur la rivière, avant de repartir le lendemain pour de nouvelles aventures.

5 – Koh S’dach, ile de pêcheurs

En direction de l’ile perdue de Koh S’dach nous nous retrouvons sur une énorme route toute droite alors que la région n’est quasiment pas habitée. C’est un consortium chinois qui construit ici, en plein milieu d’un parc naturel, 7 villes surnommées les 7 dragons. Le projet est faramineux, les arbres brulent par milliers sans être réutilisés pour la construction, les infrastructures  qui se préparent sont dignes des villes futuristes émiraties.

A Koh S’dach nous sommes accueillis dans un petit centre de plongée tenu par des Norvégiens. Le lieu est magnifique, les pieds dans l’eau bien que la baignade ne soit pas vraiment conseillée car ici non plus pas de décharge; les déchets sont jetés à la mer.

Nous partons nous promener sur l’ile qui est en fait un grand village où les habitants vivent de la pêche. Il n’y a qu’un seul hébergement sur l’ile en dehors de notre cabane et pas un touriste à l’horizon.

DSCF1252A notre retour les Norvégiens nous proposent de nous embarquer avec eux sur leur bateau pour aller à la plage. En chemin, ils nous racontent les histoires de l’ile et surtout les croyances des habitants. La plage qui est face a nous est maudite selon les locaux qui ne vont jamais s’y baigner. Des volontaires occidentaux auraient bravé l’interdit et se seraient rendu sur cette plage par mauvais temps. Ils s’y sont baigner malgré les recommandations de leur logeur et se sont noyés… Aujourd’hui le ciel est bleu mais l’eau est trouble nous renonçons donc au snorkelling.

Le lendemain nous partons plonger mais un des deux moteurs du bateau est en panne et nous devons donc rester dans la baie où la visibilité est aujourd’hui plutôt mauvaise.

Dommage, nous reprenons le chemin du village dans la chaleur de l’après-midi.

Le lendemain, nous quittons ce lieu paisible. Karim, le responsable de notre prochain hébergement vient nous récupérer avec son petit bateau en direction de l’ile d’en face : Koh Totang.

6 – Koh Totang, l’ile déserte d’Ariane et Karim

Nous accostons sur l’ile magique de Koh Totang où seulement 7 âmes vivent à l’année. Karim et Ariane, un couple de Suisse adorables ont construit ici un endroit bien à eux et véritablement paradisiaque. Leurs jolis bungalows ouverts sur la plage sont superbement décorés, ils emploient les quelques habitants de l’ile pour la rénovation et l’entretien du lieu.

Le snorkelling ici est magnifique, les poissons sont là, la visibilité est bonne et les coraux superbement intacts.

Les jours suivants sont merveilleux, on se promène avec notre kayak autour de la petite ile à la recherche de spots de plongée tous plus beaux les uns que les autres, on partage nos expériences avec Karim et Ariane qui sont super sympas, on dévore des bouquins, on adopte l’endroit!

Ils nous racontent leurs débuts dans ce projet et les problèmes de communication au départ. Par exemple, un jour ils ont rapportés du marché une tortue pour la remettre sur pied et la relâcher dans la nature. La dame qui les aidait leur a dit qu’elle allait s’en “occuper” pour eux et le soir ils ont retrouvé la pauvre tortue assaisonnée et prête à être mise au court-bouillon!

DSCF1413

Nous quittons leur petit paradis à regret pour une nuit à Pnom Penh avant de traverser la frontière pour rejoindre le Vietnam.