Iles Cook – Partie 2 : Atiu paradis perdu au bout du monde

3 – Atiu

Au départ d’Aitutaki nous avons la surprise d’être les deux seuls passagers de l’avion! Le capitaine a passé son vol à lire le journal et le co-pilote à prendre son petit déjeuner.

A notre arrivée à l’aéroport minuscule d’Atiu sur lequel la piste n’a pas encore été goudronnée, la dame chez qui nous avons réservé une chambre n’est pas là pour nous recevoir; aucun souci un homme du village va nous déposer, notre hôte est connue comme le loup blanc ici. Elle est propriétaire d’une plantation de café, d’un des trois petits magasins de l’ile et loue également des chambres.

DSCF9472On la retrouve facilement dans le village et elle nous emmène en pick-up sur les chemins de l’ile. On s’enfonce dans la forêt jusqu’à la maison qui nous est réservée. Elle n’y vit pas, ce sera donc notre petit nid pour la semaine. Au premier abord cette maison nous parait parfaite, pas de voisin, en pleine nature, plutôt propre selon les standards locaux. 

Nous partons la fleur au fusil à pied découvrir l’ile. La chaleur est étouffante et il y a des moustiques, même en pleine journée. La forêt est partout sur cette ile et la nature n’a pas encore été spoliée dans la majorité des lieux.

Nous marchons des heures pour atteindre une jolie plage… déserte!

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Le soir venu nous prenons le chemin de notre maison dans les bois et la cela commence à être intéressant. On entend des bruits de bestioles qui courent sur le toit, les branches frottent sur la taule, des cochons sauvages viennent gratter devant la maison et puis il fait très chaud , même lorsque le soleil est couché. On se lève en pleine nuit pour se rafraichir et c’est alors que nous découvrons qu’une compagnie de souris s’est appropriée les lieux! Elles n’ont pas peur de nous et ne fuient même pas lorsque l’on s’en approche. Nous sommes chez elles et elles nous le font bien sentir! Apparemment ces souris aurait élu domicile dans l’ancien four et font du chahut toute la nuit. Au matin, elles ont renversé l’égouttoir et mangé nos savons, l’un d’entre eux a complètement disparu, l’autre est tout mordillé!

 Nous essayons d’oublier cet épisode et repartons randonner sur l’ile à travers la forêt tropicale.

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Ce soir nous allons au Tumunu, une super expérience dans une sorte de bar sous une cahute en pleine forêt où l’unique boisson que l’on peut consommer est une bière à base d’orange. Elle est brassée par le chef des membres de l’organisation de quartier qui est également en charge du cérémonial.

 

L’histoire des Tumunus remonte à l’époque coloniale où les pirates et autres chasseurs de baleine qui s’arrêtaient à Atiu souhaitaient consommer de l’alcool et ont donc appris aux locaux à brasser de la bière. L’Eglise qui est arrivée par la suite avec ses missionnaires, ainsi que les compagnes des brasseurs ont essayé de lutter contre ces institutions. C’est ainsi que les Tumunus sont devenus clandestins et se sont enfoncés au fin fond de la forêt. Tous les hommes s’y retrouvaient pourtant en cachette et se racontaient leur journée tout en traitant des affaires de l’ile. Ce lieu propre à la culture d’Atiu est enfin devenu légal dans les années 70 mais s’est maintenu dans la forêt. Aujourd’hui c’est un endroit convivial, de partage, où l’on se passe une petite noix de coco remplie de bière plutôt forte jusqu’à plus soif. Nous y avons fait de super rencontres et appris un peu plus sur la façon de vivre des gens d’Atiu.

Le lendemain nous repartons en ballade.

En rentrant dans notre maison de Robinson ce soir c’est un peu dur, les souris gambadent à travers nos vêtements sur les étagères et une énorme araignée est juste au-dessus du lit. C’est un peu trop pour nous, on se résigne à changer d’hébergement le lendemain. Il n’y a pas vraiment de choix sur l’ile car hormis notre maison aux souris il n’y a qu’un hôtel en fonctionnement. Ce qui peut se comprendre vu que cette semaine nous sommes seulement 4 touristes sur l’ile!

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Nous emménageons donc dans un joli petit bungalow en pleine nature, décoré avec beaucoup de goût par un Néo-Zélandais venu y prendre sa retraite. C’est superbe et c’est ici aussi que nous pourrons profiter du seul resto de l’ile.

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Nous continuons notre exploration d’ Atiu dont la population est de seulement 500 habitants. Nous découvrons un lieu sublime surnommé “jardin de corail” sur le bord de la côte. A la marée montante les poissons s’engouffrent dans les coraux et lorsque la marée redescend, ils sont bloqués dans le récif qui forme alors un véritable aquarium de poissons tropicaux, c’est un paradis pour les apprentis-plongeurs que nous sommes.

Sur le bord de la mer, des locaux nettoient leur pêche, on s’approche et ils nous font goûter des coques et le caviar du coin: des oursins tout frais pêchés!

Nous partons faire le grand tour de l’ile en scooter le temps d’un après-midi.

Le lendemain c’est randonnée à travers les grottes de l’ile, magnifique.


Dans cette grotte, le Kopéka, un oiseau endémique de l’ile foisonne.

 Dès que l’on éteint les torches, des petits cris se font entendre. Notre guide, qui fait partie de la famille à qui appartient cette terre, nous dit qu’il y aurait une population de 200 oiseaux ici, on lui demande alors qui vient réaliser le comptage et il nous annonce fièrement que c’est lui-même et Marshall qui se postent à la sortie de la grotte tous les 3-4 ans pour compter le nombre de Kopéka qui en sortent afin de se ravitailler!

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Sur le chemin du retour, nous passons à côté de ce qui reste de l’ancien aéroport en pleine forêt!

Le lendemain matin nous partons à la rencontre de George une figure de l’ile; représentant de WWF pour les iles Cook, herboriste, connaisseur des animaux, cet amoureux et protecteur de la nature de 70 ans a une forme d’enfer et grimpe encore aux cocotiers!

La ballade se termine par un repas préparé par Georges dans son jardin avec son “Umu” sorte de barbecue sous terre où les aliments cuisent pendant des heures (cf. Nouvelle-Zélande). Au menu, le cochon sauvage qu’il a tué alors qu’il se promenait dans son jardin, du poulet également attrapé par le maitre quelques jours plus tôt, du tarot et autres légumes qu’il fait lui-même pousser. Le tout dans des feuilles de bananiers en guise d’assiette, un vrai régal!

IMG_20160407_205954Ce soir nous repartons au Tumunu avec les quelques clients de l’hôtel, ce sera la fête jusqu’au bout de la nuit, musique, danse des iles et bush beer jusqu’à en perdre le compte, et pour finir c’est le chef de la police (qui en avait bu autant que nous) qui nous redéposera à l’hôtel… en voiture!

Nous parvenons a émerger le lendemain, dimanche afin de ne pas manquer notre rendez-vous hebdomadaire à la messe. Aujourd’hui les habitants font une petite procession, bien réglée tout en musique.

Un dernier plouf puis il est temps pour nous de quitter Atiu, c’est le coeur gros que nous repartons vers l’ile principale de Rarotonga.

4 – Retour sur Rarotonga

Cette fois-ci le beau temps est au rendez-vous et nous allons pouvoir profiter de jolies ballades au-dessus et en dessous du niveau de la mer. Nous essayons la plongée, l’eau à 20 mètres de profondeur est à 26 degrés, les fonds sont sublimes, clairs, remplis de coraux qui ont une forme semblable à des champignons.

On profite des spécialites culinaires au marché nocture de l’ile. Nos hôtes nous apprennent à découper, casser, raper les noix de coco : fraîches qui se boivent et s’épluchent à la main ou bien mûres qui se rapent, on se régale de ce fruit qui est ici à profusion.

DSCF9762Mat qui avait été notre patronne sur Aitutaki nous invite à passer une soirée chez elle. On fait un peu plus connaissance avec son mari Aukino qui est un peu réservé au départ puis qui  finit par nous montrer des photos de son équipe de rugby du lycée et nous raconte un peu sa vie. Encore une chouette soirée sous les étoiles des Iles Cook.

 

Le soir du départ, après avoir déposé nos bagages à l’aéroport nous traversons la route pour profiter d’un dernier cocktail et d’une dernière danse.